un jour, une nuit
une nuit pleine d’étoiles
des étoiles par milliers
tendre tapis
où je pose la tête
c’est doux et ça sent bon
comme le pin
et la poussière de firmament

un jour, une nuit
une nuit pleine d’étoiles
mon âme s’est échappée…

 

Les phrases que j’écris peut-être voudrais-je que ce soit moi qui les reçoive. Les mots que je pèse et peaufine sans doute mes yeux se plairaient à les découvrir.

Les pensées, tristes ou gaies, qui parfois me plongent dans un demi-sommeil pourraient-elles provenir d’une autre personne ?
Les soupirs, les regards, les gestes parfois insignifiants et pourtant tellement ressentis au moment même, qui d’autre arriverait à les distiller sur papier exactement pareils ?

Je regarde les nuages, inaccessibles, impalpables, sans cesse changeants. Ils sont comparables à mon existence. Pas une minute ils nous offrent la même forme, ou couleur, ou taille, ou vitesse. Et cependant, nous sommes tellement habitués à les voir, presque identiques…

Je me fabrique mon imaginaire et me complaît dans un monde qui probablement ne fait pas partie de mon quotidien tout en croyant espérer à ce qu’il le devienne. Les mots s’écoulent de ma plume sans effort et par leur son ou leur forme ils en appellent d’autres qui s’emboîtent les uns aux autres tel le jeu de bloc de notre enfance, créant une musique qui doit plaire à mes oreilles, ensuite à mes yeux, avant même d’attacher de l’importance à leur signification. Comparables à une tache d’encre flottant sur un fleuve, découvrant au fil paisible ou tumultueux de l’eau de multiples paysages, inattendus, colorés, odorants. Je m’habille de consonnes, m’agrippe à une voyelle et pagaie avec des virgules.

Le voyage est surprenant.

Thierry Cotroux